Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 8 : Gryffondor VS Serpentard.

 

            Quelques jours s'étaient écoulés depuis que Harry s'était malencontreusement retrouvé en 1975. Quelques jours qu'il avait été accepté par les Maraudeurs... Quelques jours qu'il avait gagné leur confiance... Quelques jours de bonheur durant lequel il avait pu, enfin, revoir ceux qui deviendraient ses parents... Très vite, il avait été adopté par la quasi-totalité des élèves et des professeurs et était, désormais, un membre à part entière de l'équipe de Quidditch de Gryffondor qui, le lendemain, jouerait la finale de la Coupe des quatre maisons annuelle, qui l'opposerai à l'équipe de Serpentard.

 

            «- Eh, Harry ! lança Sirius, alors qu'ils quittaient la Grande Salle, après le dîner, ça te dirait de venir avec nous ? On va faire une blague aux Serpentard...! ajouta-t-il, avec un petit sourire machiavélique, qui était partagé par ses trois complices.

 

             - Euh...! hésita Harry. Merci pour la proposition, mais sans façon...!

 

             - Mais...? Pourquoi...? s'étonna Peter.

 

             - Ca ne me dit rien, c'est tout...! prétexta Harry en s'efforçant de conserver l'expression la plus neutre possible, comme à chaque fois qu'il se retrouvait face à Pettigrow. C'est vous les experts des farces en tout genre...! Je ne ferai que vous gêner...!

 

             - Bien sûr que non, Harry ! assura Remus. Et puis, c'est toi qui as eu l'idée de la vaseline...!

 

             - Hum, mais c'est bon...! insista l'adolescent. Vous me direz ce que ça aura donné...! Et puis, je vous couvrirai si on me demande où vous êtes pendant votre absence...!

 

             - Tu es sûr ? insista James en l'observant étrangement.

 

             - Oui, certain...! répondit Harry, après une seconde d'hésitation. Et puis, les veilles de match, je ne suis pas trop en condition pour faire des blagues à quiconque, même les Serpentard...!

 

             - Hum...! acquiesça le Préfet de Gryffondor. Mouais, c'est vrai que, en plus, tu n'as pas le rôle le plus facile, mais je suis sûr que tu gagneras facilement...! Et c'est toi le mieux placé pour savoir ce qu'il est préférable de faire pour que tu sois au mieux de ta forme pour demain...!

 

             - Dans ce cas, si Harry ne veux pas venir, on ferait bien d'y aller...! intervint finalement Remus. Plus vite on sera partis, plus vite on reviendra...! »

 

* * * * *

 

            Harry suivit des yeux les quatre Maraudeurs jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans le sombre couloir qui menait au sous-sol du château. Il soupira et gagna la Tour de Gryffondor... Il aurait bien aimé les accompagner, mais il ne devait pas interférer de trop dans les actions de ses quatre “camarades” au risque de modifier le passé... Les Maraudeurs avaient toujours faits leurs mauvais coups ensemble et ça devait continuer ainsi...

 

            « Lune de Mai ! » lança-t-il, en atteignant le portrait de la Grosse Dame.

 

            Le tableau pivota et l'adolescent pénétra dans la Salle Commune des Gryffondor plutôt bondée à cette heure, et tout aussi bruyante car, en cette veille de match, les discussions enthousiastes allaient bon train. Mais Harry ayant plutôt besoin de calme, il choisit de gagner la bibliothèque qui, le vendredi soir, était ouverte jusqu'à 22h, les élèves n'ayant pas cours le lendemain... Il ressortit donc de la Tour de Gryffondor, ignorant le regard contrarié que lui adressa la Grosse Dame...

 

            « Visiblement, elle n'a jamais été du genre à apprécier qu'on la dérange pour rien...! » songea Harry, amusé.

 

            Il atteignit sans encombre la bibliothèque, le domaine de Madame Pince... Il pénétra dans la vaste pièce, dans l'idée de jeter un oeil aux livres sur le Quidditch. Jusque là, il avait eu assez de bouquins à "portée de main" pour ne pas avoir à venir en chercher à la bibliothèque et c'était une occasion de le faire...

 

            Ignorant le regard méfiant de la redoutable bibliothécaire, Harry se glissa parmi les rayonnages, jusqu'à atteindre la partie "Quidditch" où plus d'une trentaine de livre y étaient rangés. Il en prit un au hasard et gagna l'une des tables les plus éloignées du bureau de madame Pince.

 

* * * * *

 

            « Tiens, je ne pensais pas te rencontrer ici...! »

 

            Harry, plongé dans sa lecture, revint brutalement à la réalité et se tourna vers le nouveau venu, ou plutôt la nouvelle venue qui l'observait d'un air à la fois amusé et étonné, par “dessus” une pile de livres qu’elle portait. Harry se maudit silencieusement d'avoir oublié que Sirius lui avait dit, une fois, que la bibliothèque était l'un des lieux de prédilection de Lily. Il s'efforça de reprendre contenance. Le fait que sa mère s'était sacrifiée pour le sauver y était pour beaucoup, si bien qu'il était toujours un peu troublé en sa présence.

 

            «- J'avais besoin d'être un peu au calme...! expliqua-t-il, simplement.

 

             - Hum...! Dis, ça te dérange si je reste un moment avec toi...?

 

             - Non...! assura-t-il.

 

             - Merci...! lança-t-elle en souriant, en déposant son tas de livres sur la table (sous le regard stupéfait de Harry car la pile, composée d’une dizaine d’épais bouquins, tangua dangereusement et qu’il en venait à se demander comment elle avait réussit à porter tout ça sans que rien ne tombe…) avant de s'installer en face de l'adolescent. J'aime bien passer mon temps ici mais, à la longue, c'est un peu ennuyant d'être toujours seule...!

 

             - Elsa et Amy ne viennent pas avec toi ? s'étonna Harry.

 

             - Oh, tu sais, elles ont beau être mes amies, elles n'aiment pas trop rester enfermer à la Bibliothèque...! admit-elle. Elles sont plutôt du genre à penser aux garçons et les futilités de ce genre... ! Mais à part ça...! continua-t-elle, en haussant les épaules. Alors, comment tu trouves Poudlard ? Ca ne te change pas trop de ton ancienne école ?

 

             - Poudlard est une super école...! répliqua Harry, simplement. On m'a dit que c'était la plus grande école Européenne...!

 

             - Oui...! Même si la rivalité est grande entre Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang...! Depuis toujours l'Angleterre, la France et la Bulgarie se livrent une lutte quasi sans merci pour avoir la meilleure école, même si, pour l'instant, Poudlard est la meilleure...! continua-t-elle avec enthousiasme. D'ailleurs, si je peux te conseiller un livre...! » continua-t-elle, avant d'en prendre un dans son sac.

 

            Harry sourit en découvrant le titre du vieux livre qu'elle lui tendait.

 

            «- L'histoire de Poudlard...?

 

             - Oui...! C'est une super mine d'information...! On y apprend des choses vraiment passionnantes...! Je l'ai emprunté hier, mais si tu veux, j'peux te le passer...! Je le connais par cœur...!

 

             - Ah...! Juste comme ça, tu l'as lu combien de fois...?

 

             - Euh..., j'sais plus...! Peut-être dix fois...! »

 

            Harry la fixa avec des yeux ronds.

 

            «- Dix fois ? répéta-t-il.

 

             - Oui...! répondit-elle en haussant les épaules. Mais c'est vraiment un livre indispensable à connaître...! Bon, d'accord, c'est vrai qu'il est plutôt épais mais c'est vraiment un livre à lire...!

 

             - Euh...! hésita Harry. D'accord, je le lirai...!

 

             - Tu verras, tu ne regretteras pas de l'avoir lu...! conclut-elle, en souriant un peu plus largement.

 

             - Mais ça ne te dérange pas que...?

 

             - Je t'assure que non...! Tant que tu me le rends dans deux semaines pour que je puisse le rapporter à Madame Pince...! » répondit-elle.

 

            Harry acquiesça d'un signe de tête. Un moment de silence s'instaura.

 

            «- Alors, qu'est-ce que tu lisais avant que je ne t'interrompe...? demanda-t-elle, rompant le silence.

 

             - Euh... le Quidditch et les hommes...! De Paul Ochon...!

 

             - Hum...! Ah c'est vrai que tu fais partie de l'équipe...! commenta-t-elle, avec une légère moue que Harry préféra ne pas essayer d'interpréter.

 

             - Euh..., oui...!

 

             - C'est toi le nouvel Attrapeur...?

 

             - Effectivement...! répondit Harry. Tu n'as pas l'air d'aimer le Quidditch...!

 

             - Ce n'est que mon point de vue mais, primo, c'est un jeu bien trop violent, secundo, je ne vois pas l'utilité d'un tel jeu et tertio, c'est qu'un truc de garçon...!

 

             - Pourtant, il y a une fille dans l'équipe de Gryffondor ! objecta Harry. Et tout le monde va voir les matchs...!

 

             - D'accord...! concéda Lily. Seulement, comme je te l'ai dit ce n'est que mon avis personnel...! poursuivit-elle avant de changer de sujet. Alors, pas trop inquiet pour le match de demain ?

 

             - Oh, non...! » assura Harry.

 

            Elle ne répondit pas et l'observa un moment, songeuse. Le regard émeraude de la préfète le mettait mal à l'aise... Finalement, elle esquissa un petit sourire. Un petit moment de silence s'instaura.

 

            « Alors, je vois que tu n'es pas avec les quatre idiots de service...! Ils sont sûrement en train de concocter une nouvelle blague...! » ajouta-t-elle, l'air singulièrement agacé.

 

            Harry ne répondit pas, et reporta son attention sur le livre qu'il avait prit.

 

            « Franchement, je me demande pourquoi ils ont prit Potter comme Préfet...! marmonna-t-elle. Un Préfet se doit d'être sérieux, responsable, de montrer l'exemple...! Alors que lui...! »

 

            Elle s'interrompit et leva les yeux au ciel. Harry releva les yeux vers elle.

 

            «- Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que tu ne l'apprécies pas beaucoup...! observa-t-il.

 

             - C'est comme ça depuis la première année...! admit-elle. Il est... tellement immature...! On dirait qu'il prend toujours tout à la légère et qu'il ne sait que faire perdre des points à Gryffondor, jouer des mauvais tours aux autres élèves, avec ses trois comparses et de se pavaner devant son "fan-club"...! Bien sûr, le fait qu'il ait été nommé Capitaine de l'équipe n'a rien arrangé bien sûr...!arrangé, loin de là...! Il...! lança-t-elle, avant de s'interrompre brutalement. Enfin, je ne vois pas pourquoi je te raconte ça...! reprit-elle, plus calmement. Tu as sûrement mieux à faire que d'écouter mes petites histoires...! »

 

            Harry eut un léger sourire.

 

            «- Ca ne fait que quelques jours que je suis ici, mais je pense qu'il n'est pas comme tu le dis... !

 

             - Tu crois...? répondit-elle, l'air peu convaincu. Moi, je le connais depuis près de six ans...! En tout cas, c'est bien la première fois que je vois les Maraudeurs accepter quelqu'un dans leur groupe aussi facilement...! D'ailleurs, c'est même la première fois qu'ils acceptent quelqu'un d'autre dans leur équipe...! Ou que quelqu'un aie la chance de ne subir aucune blague de leur part...! »

 

            Harry ne répondit pas. Lily l'observa une fois de plus.

 

            « Si ce n'est pas indiscret..., comment tu t'es fait cette cicatrice...? » demanda-t-elle avec curiosité.

 

            Harry s'obligea à rester impassible mais porta machinalement la main à son front. Il avait presque oublié cette satanée cicatrice. Mais elle était la première à l’avoir remarquée…

 

            «- Et bien, je l'ai depuis que...! commença-t-il.

 

             - Ah, Harry, te voilà...! »

 

            L'intéressé s'interrompit et leva les yeux vers les nouveaux venus, notant au passage que la jeune fille s'était soudain renfrognée. Harry vit James et Sirius venir vers lui, affichant un large sourire.

 

            «- Ca fait une heure qu'on te cherche...! lança Sirius. Et, franchement, on n'imaginais pas te trouver ici...!

 

             - Et..., surtout pas en cette... compagnie...! ajouta James, en désignant Lily.

 

             - Potter...! Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu dans le coin...! commenta cette dernière, avec un mépris évident.

 

             - Moins je viens ici plus j'ai de chance de ne pas voir ta tête de Miss-Je-Sais-Tout-Et-Je-Suis-La-Meilleure-Préfète-Du-Monde...!

 

             - Eh, y a Pince qui se ramène...! intervint Sirius, alors que Lily, l'air franchement contrarié, allait répliquer quelque chose. On ferai mieux de pas trop traîner dans le coin...! Harry, on retourne à la Tour de Gryffondor, tu nous suis...?

 

             - J'arrive...! acquiesça l'intéressé. Allez-y, j'vous rejoint ! » ajouta-t-il, avant de glisser l'Histoire de Poudlard dans son sac et aller reposer le Quidditch et des hommes à sa place.

 

            Il revint vers Lily qui n'avait pas bougé, fixant avec colère la porte par où étaient repartis les deux Maraudeurs.

 

            «- Tu vois, qu'est-ce que je te disais...? commenta-t-elle, en se tournant vers lui. Il a le don pour me taper sur les nerfs celui-là...! Tu vas les rejoindre ?

 

             - Hum...! Mais j'dois aller me coucher si je veux être en forme pour demain...! répondit Harry. Merci pour le livre, et j'ai été ravi de discuter avec toi...!

 

             - Moi aussi...! ajouta-t-elle en lui souriant. En tout cas, tu n'es pas du tout comme eux...! »

 

            Harry ne répondit pas.

 

            «- Tu ferais bien d'y aller...! reprit-elle.

 

             - Ouais...! C'est ce que je vais faire...! Passe une bonne soirée...!

 

             - Toi aussi...! Et si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi ! répliqua-t-elle.

 

             - Je m'en souviendrai...! conclut Harry. Et puis, je saurai où te trouver...! ajouta-t-il, en souriant à son tour.

 

             - Ouais...! admit-elle, amusée. Eh, Harry ! ajouta-t-elle, alors qu'il s'éloignait.

 

             - Oui...? demanda-t-il en se retournant vers elle.

 

             - Malgré ce que j'ai dit sur le Quidditch, bonne chance pour demain...!

 

             - Merci...! répondit-il, un peu surpris. Tu viendras voir le match...?

 

             - Je ne crois pas...! rétorqua Lily.

 

             - Hum...! Ben, à demain...! »

 

            Sur ce, il quitta la Bibliothèque et retrouva les quatre Maraudeurs dans le couloir (visiblement, ils l'avaient attendus et Remus et Peter avaient rejoints les deux autres). Tous les cinq repartirent vers la Tour des Gryffondor. Chemin faisant, les quatre compères racontèrent à Harry leur blague, dont ils verraient le résultat le lendemain matin.

 

* * * * *

 

            Le lendemain, l'ambiance était au rendez-vous dans la Grande Salle durant le petit-déjeuner. Surtout à la table des Gryffondor... L'atmosphère était pourtant quelque peu tendue, comme à chaque fois que la finale de la Coupe se jouait entre Gryffondor et Serpentard, même si ça n'avait rien de comparable à ce dont Harry était habitué. Mais, peut-être que c'était dû au fait que les Maraudeurs étaient franchement doués pour mettre l'ambiance, et que tous attendaient avec impatience de voir, enfin, si leur blague avait marchée ou pas...!

 

            La porte s’ouvrit tout d’un coup, sur un groupe de Serpentard TRES en colère (et encore, c’est qu’un euphémisme…). D’abord surpris, les élèves de la Grande Salle éclatèrent de rire.

 

            « Whoa… ! Malefoy… ! s’exclama Anthony. J’adore ton nouveau style de coiffure… ! T’avais plus de gel ou quoi… ? »

 

            Le Serpentard lui adressa un regard tellement meurtrier que si un simple regard pouvait tuer, le Gryffondor se serait écroulé dans la seconde… !

 

            Malefoy, suivit de Rogue et compagnie, vint se poster devant James, Sirius, Remus et Harry qui étaient morts de rire, tandis que Peter s’était caché sous la table… ! Etant donné que la plupart des professeurs les observaient, perplexes, depuis leur table, les Serpentard ne pouvaient pas vraiment faire de scandale car n’ayant pas de preuve sur l’implication des Maraudeurs dans cette “blague”, même si il était évident que les quatre Gryffondor étaient, une fois de plus, dans le coup…

 

            «- Eh, Rogue… ! Tu as changé de marque de shampooing… ? plaisanta Mondingus. Tu sais que tu fait bien plus naturel que d’habitude… !

 

             - Fletcher, écrase… ! grinça Malefoy, sans laisser le temps à Rogue de répondre quoi que ce soit. Potter, Black, qu’est-ce que vous avez fait, encore… ?

 

             - Qui te dit que c’est nous… ? répliqua Sirius, tranquillement, en s’adossant sereinement contre le dossier de sa chaise, les mains derrière la tête. Après tout, seuls les Serpentard connaissent votre code d’accès… !

 

             - Raconte ça à d’autres, Black… ! le coupa froidement Malefoy. Je sais que vous êtes dans le coup… ! Et… !

 

             - Mr Malefoy… ! » intervint soudain quelqu’un derrière lui, le faisant tressaillir.

 

            Le Serpentard se retourna, pour se retrouver face à la directrice de Gryffondor qui l’observait d’un air indéchiffrable.

 

            « Au lieu d’importuner les Gryffondor, vous feriez bien de retournez dans votre Salle Commune et de vous lavez… ! Et je ne veux pas vous revoir dans la Grande Salle tant que vous ne serez pas plus présentable… ! Ou bien je me verrai contrainte de disqualifier Serpentard… ! Alors, disparaissez de ma vue, Mr Rogue et vous, avant que je n’enlève vingt points à Serpentard pour tenue peu…correcte… ! »

 

            Malefoy voulu dire quelque chose mais se ravisa et eut un petit sourire mauvais.

 

            « Venez… ! » grommela-t-il.

 

            Le petit groupe de Serpentard partit aussitôt, non sans que Malefoy n’adresse un regard menaçant à James.

 

            «- Whoa… ! C’est vraiment le grand amour entre vous… ! ironisa Harry, une fois McGonagall et les Serpentard partis.

 

             - Ca ne fait aucun doute… ! approuva James. Mais ça fait déjà, au moins, près de deux siècles qu’il y a cette rivalité entre nos deux familles, si ce n’est plus… !

 

             - C’est que, entre Potter et Malefoy, c’est loin d’être une grande amitié… ! observa Sirius. En tout cas, j’ai adoré la tête de Malefoy avec les cheveux tout luisant et graisseux et Rogue qui dégoulinait de partout… ! ajouta-t-il en souriant.

 

             - Mais ils vont être de “très bonne humeur” pour le match… ! intervint Remus. Ils vont être encore plus “dangereux” qu’en temps normal… !

 

            - Ca, c’est sûr… ! répondit James. D’ailleurs,… ! Ludo, viens un peu par-là… ! » l’interpella-t-il.

 

            Le concerné bondit de sa chaise.

 

            «- Ouais, Cap’taine… ! Qu’est-ce qu’il y a… ? s’informa-t-il.

 

             - Ludo, contrairement à ce qu’on fait d’habitude, je voudrais que tu te charges d’assurer la protection de Harry pendant le match… ! décida James. Et, Sirius, il faudrait que, en cas de besoin, tu sois prêt à lui donner un coup de main… ! Car Malefoy risque de faire de notre nouvel Attrapeur leur cible numéro 1… !un… ! Donc, Ludo, concentre-toi sur Harry, et Sirius, tu le soutiendras en cas de besoin, même si tu restera à la “sécurité” des Poursuiveurs… ! Compris… ?

 

             - Compris… ! certifia Ludovic Verpey.

 

             - Pas de problème… ! renchérit Sirius. A vos ordres, chef ! » ajouta-t-il, en exécutant une parodie de salut militaire.

 

* * * * *

 

            «- Eh, Jamsie, t’oublierais pas quelque chose par hasard… ?  lança Sirius, moqueur.

 

             - Tu crois ? s’étonna l’intéressé, en se retournant vers lui.

 

             - Ca oui… ! » assurèrent, en chœur, Franck, Sirius, Ludo, Elvire, François et Harry.

 

            James fronça les sourcils puis sembla réalisa ce qu’ils voulaient dire et grimaça, à la perspective de devoir faire un discours.

 

            Les sept joueurs de Gryffondor étaient dans leur vestiaire, achevant de se changer.

 

            «- On peut vraiment pas s’en passer… ? soupira-t-il, l’air vraiment pas inspiré.

 

             - J’ai bien peur que non… ! plaisanta Franck, prenant un air faussement fataliste. Désolé mais t’as aucun échappatoire... ! Sirius est le roi pour te le rappeler… !

 

             - Mais c’est toujours la même chose… ! grommela James, tout en adressant un regard contrarié à son meilleur ami qui souriait, visiblement très fier de son coup.

 

             - Eh, c’est le revers de la médaille… ! rétorqua François. Voilà ce qui arrive quand on est Capitaine… !

 

             - Oh, ça va… ! marmonna James. Mais… ! Bon, si vous y tenez… ! Tout ce que je peux dire c’est que, cette année, nous arrivons à la finale dans de bien meilleures conditions que les autres années et que nous avons tous les atouts pour battre les Serpentard et gagner la Coupe pour la cinquième année consécutive… ! Alors, donnez tout ce que vous pouvez, donnez-vous à fond et tout ira bien… ! Alors, maintenant, il ne nous reste plus qu’à aller sur le terrain et botter les fesses de Malefoy et sa bande et faire en sorte de leur faire connaître une défaite qu’ils n’oublieront pas de sitôt… !

 

             - Et ben voilà… ! se moqua Sirius. Ca c’est du discours… !

 

             - Sirius, s’il te plaît, passe-toi de commentaire…! Marmonna James. Bon, allez, vu que tout le monde est prêt, on y va… ! décida-t-il, alors que, au-dessous d’eux, un brouhaha sans cesse grandissant annonçait l’arrivée des autres élèves.

 

             - Tout le monde a bien prit ses précautions avant de partir… ? plaisanta Sirius. Parce que, une fois qu’on sera sur le terrain, il sera trop tard pour la “pause pipi”… ! »

 

            Ses coéquipiers sourirent à cette remarque y comprit James qui lui adressa un regard du genre “c’est pas le moment de faire de l’humour”. Harry, lui, songea que, décidément, les Maraudeurs formaient un groupe assez particulier…

 

            Les sept élèves, vêtus de leur robe rouge, quittèrent aussitôt le vestiaire balai à la main pour être, à peine entré sur le terrain, accueillit par un tonnerre d’acclamations en tout genre venant des tribunes de Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle…

 

            «- GRYFFONDOR… ! GRYFFONDOR… !

 

             - Et ben, y a de l’ambiance… ! commenta Harry. On dirait que votre équipe à la côte… !

 

             - Ouais… ! acquiesça James. Mais les Serdaigle et les Poufsouffle ne nous encouragent que parce qu’ils ne veulent pas que Serpentard gagne… ! Enfin, ça fait toujours plaisir, donc on va pas se plaindre… ! ajouta-t-il en souriant. Alors, d’attaque… ?

 

             - Hum… !

 

             - D’accord… ! commenta James avec un léger rire. Plus enthousiaste que ça tu meurt… ! Bon, je sais que t’as pas trop eu le temps de t’habituer à nos méthodes de jeu, donc, joue comme tu as l’habitude de le faire… ! Et… ! »

 

            Il fut interrompu par les commentaires de Mondingus, installé dans les tribunes et surveillé par McGonagall.

 

            «- Bienvenu à tous pour cette finale tant attendue qui, comme chaque année, opposera l’équipe de Serpentard, tricheurs invétérés et… !

 

             - Mr Fletcher, ayez l’amabilité d’être moins… partial dans vos commentaires… ! le coupa la responsable d’une vox sévère.

 

             - Oui professeur… ! répondit, aimablement l’élève. Je disais donc, que ce match opposera, comme ces quatre dernières années, Serpentard et la meilleure équipe qui est jamais existée à Poudlard, j’ai nommé GRYFFONDOR… !

 

             - Hum, hum… ! » intervint McGonagall, plus par obligation qu’autre chose.

 

            Les acclamations devinrent encore plus assourdissantes et dominaient largement les huées qui provenaient des tribunes des Serpentard.

 

            «- Comme vous avez pu le constater, les deux équipes sont sur le terrain et rejoignent Madame Bibine… ! En attendant, je vais donc vous faire une rapide présentation des deux équipes, d’autant plus qu’un petit changement est à noter dans la composition de l’équipe des Gryffondor, à la suite du malencontreux accident dont Anthony Perkins, leur précédent Attrapeur, a été victime lors du précédent match contre Poufsouffle… !

 

             - A l’écouter, on croirait qu’Anthony est mort… ! commenta Harry.

 

             - Mondingus a toujours tendance à donner une tournure la plus mélodramatique possible aux différents évènements… ! répondit Franck, juste derrière Harry. Mais, avant que tu n’arrives, Anthony était considéré, par la quasi-totalité de l’école, comme le meilleur Attrapeur que Poudlard ait jamais eu… !

 

 - Chez les Serpentard… ! reprit Mondingus, l’équipe reste inchangée… ! Menée par Malefoy qui occupe le poste de Poursuiveur, secondé par Nott et Avery… ! Les deux Batteurs sont, comme toujours, Crabbe et Goyle… ! Rosier est comme d’habitude au poste de Gardien et Lestrange est l’Attrapeur… ! Du côté des Gryffondor, à présent… ! L’équipe est menée par James Potter, lui aussi Poursuiveur, en compagnie de Franck Londubat et Elvire Bell… ! Sirius Black et Ludo Verpey sont toujours fidèles à  leur poste de Batteurs…! François Dubois est chargé d’assurer la protection des buts de Gryffondor et finalement, saluons chaleureusement le “petit nouveau” de l’école et de l’équipe, Harry Calaway qui succède ainsi à Anthony Perkins… et ce pour le match le plus important de l’année… ! reprit Mondingus. Les deux équipes sont à présent autour de Madame Bibine… ! Les Capitaines se serrent la main… ! »

 

            Harry sourit légèrement devant la haine plus que visible que les deux Capitaines avaient l’un pour l’autre alors qu’ils se serraient la main, l’espace d’une seconde avec un mépris plus qu’évident. Encore une similitude de plus entre leurs deux époques… En effet, en 1996, Malefoy Junior et Harry avaient été nominés Capitaine de leur équipe respective (du moins, pour Harry, la nomination avait été prise “légalement” tandis que Malefoy, lui, ne méritait ce rôle que grâce à l’argent de son Mangemort de père… !) Mais Harry revint vite à la réalité en étudiant un peu plus l’expression de Malefoy, une lueur de bien mauvaise augure animant ses yeux ternes… Mû par un mauvais pressentiment, l’adolescent ne pu s’empêcher de froncer les sourcils.

 

            « Les joueurs enfourchent leurs balais et prennent position… ! poursuit Mondingus, dans le silence tendu qui s’était soudain installé sur le stade. Le professeur Bibine libère les Cognards et le Vif d’or… ! Le Souaffle est mis en jeu et… ! C’est parti… ! Dès le début, Potter s’empare du Souaffle et l’envoie à Londubat… ! »

 

            Harry cessa momentanément d’écouter les commentaires de Mondingus, regardant inutilement autour de lui, se doutant qu’il ne risquait pas de voir le Vif de sitôt… ! Il suivit des yeux l’évolution des joueurs en dessous de lui… ! Durant les rares entraînements auxquels il avait eu l’occasion de participer, Harry avait été assez impressionné par la façon de voler de James… Celui-ci agissait presque comme s’il ne faisait qu’un avec son balai et il donnait l’impression d’avoir passé sa vie sur un balai, ce qui devait probablement être le cas… Il y avait, dans chacune de ses actions, une maîtrise parfaite, une aisance naturelle qui le différenciait très nettement des autres joueurs.

 

            « ET POTTER MARQUE… ! hurla soudain Mondingus, ramenant Harry à la réalité. DIX A ZERO EN FAVEUR DE GRYFFONDOR… ! »

 

            Harry se gifla mentalement, contrarié de s’être ainsi plongé dans ses pensées… ! Il devait chercher le Vif, c’était pas le moment de rêvasser… ! Scrutant les alentours, il prêta à peine attention à Alphonse Lestrange, l’Attrapeur des Serpentard, qui le suivait de près, mais fronça les sourcils en songeant que, pour l’instant, il n’avait pas été spécialement dérangé par les Batteurs de Serpentard… En fait, tous les Serpentard restaient anormalement passifs…

 

            «- Ludo, ils sont toujours comme ça les Serpentard… ? s’étonna Harry, pris un mauvais pressentiment encore plus troublant, alors que le Batteur se trouvait à proximité.

 

             - Non… ! Et ça m’étonne d’ailleurs… ! Mais… ! »

 

            Harry cessa d’écouter, fronçant un peu plus les sourcils, en suivant des yeux Malefoy, alors que James venait de marquer son deuxième but, amenant ainsi le score à vingt à zéro… ! Le Serpentard sembla dire quelque chose, en passant, à ses coéquipiers car ils vit les deux Batteurs en vert hocher la tête et changer de position… !

 

            Et si James avait tout faux ? Et si la cible principale des Serpentard n’était pas l’Attrapeur… ? Après tout, Malefoy n’avait pas autant de compte à rendre avec Harry qu’avec James… ! Et il ne devait pas considérer le “nouveau” comme une menace, ne l’ayant jamais vu jouer… ! Harry repensa à la lueur qu’il avait vu dans les yeux de Malefoy… ! Machinalement, l’adolescent jeta un regard vers son futur père qui envoyait le Souaffle à Elvire Bell, puis chercha Sirius du regard. Celui-ci était à l’autre bout du terrain, renvoyant un Cognard à Crabbe qui avait eu la bonne idée d’en envoyer un sur Franck… ! Alors que Goyle était… dans le même secteur que Malefoy et deux Poursuiveurs de Gryffondor, Elvire et James.

 

            « Je dois trouver ce fichu Vif d’or au plus vite… ! » marmonna Harry, de plus en plus mal à l’aise.

 

            Il ne savait pas pourquoi mais il avait l’impression que quelque chose allait se passer pendant le match… Quasiment au même moment, il ressentit une légère douleur lui traverser le front… Un élancement bien trop familier…

 

            « Oh non, non et non… ! Pas ça… ! Pas maintenant… ! »

 

            La douleur se fit plus marquer quand, soudain…

 

* * * * *

 

            «- Mais… ! Maître, nous… !

 

             - Tu oses discuter mes ordres… ? rétorqua une voix glaciale.

 

             - Non, Maître… ! Bien sûr que non… ! Jamais je… !

 

             - Ca suffit… ! le coupa la voix froide. Personne ne désobéit au Seigneur des Ténèbres, alors fait ce que tu as à faire… ! Occupe-toi du garçon… !

 

             - Mais… ! Comment… ? Il est… ?

 

             - Débarrasse-toi de lui, c’est tout ce que je te demande… ! Peu m’importe les moyens employés… ! »

 

            Harry revint soudain à la réalité et secoua la tête pour chasser ces images de sont esprit. Même ici, en 1976, il était encore lié à Voldemort, aussi étrange cela soit-il … ! Mais le mage noir ne pouvait pas savoir qu’il était ici, c’était impossible… ! Et puis, Harry avait l’intime certitude que, pour une fois, il n’était pas la cible du Seigneur des Ténèbres… ! Mais, jetant machinalement un bref regard autour de lui, l’attention de Harry fut aussitôt attiré sur, une fois de plus, Malefoy qui fixait le professeur Krayak dans les tribunes. Celui-ci acquiesça presque imperceptiblement. Mais ce mouvement, aussi discret soit-il, n’avait pas échappé à Harry.

 

            Sa cicatrice ne lui faisait plus mal mais ça ne rassura pour rien au monde Harry, pris d’uneHarry qui fut pris par une angoisse soudaine. Le match serait l’occasion parfaite pour… régler des comptes… ! Rien qu’à voir ce qui avait failli lui arriver lors de son tout premier match… ! Et…

 

            «- Ludo… ! s’écria Harry.

 

             - Quoi ? s’étonna ce dernier.

 

             - Ecoute, j’ai pas le temps de tout t’expliquer, mais il faut que Sirius et toi alliez protéger les Poursuiveurs… !

 

             - Mais James a dit que… !

 

             - Je sais très bien ce qu’il t’a dit… ! Et je sais aussi que c’est ton Capitaine… ! Mais je sens qu’il risque plus, durant ce match, que moi… ! Alors, s’il te plaît, vas-y… ! Et puis, ta présence autour de moi fait plus me gêner qu’autre chose et j’ai l’habitude d’éviter des Cognards déchaînés… ! »

 

            Ludo l’étudia un moment, hésitant et plus que sceptique.

 

            «- Grâce à un nouveau but de Potter, les Gryffondor creusent un peu plus l’écart, menant par soixante à zéro… ! lança Mondingus, alors que des cris enthousiastes s’élevaient dans les tribunes des Gryffondor.

 

             - Ludo… ! le pressa Harry.

 

             - Ok… ! Mais si James me fait une quelconque remarque… !

 

             - Je porte l’entière responsabilité de ma demande… ! le coupa Harry.

 

             - Hum… ! Et Sirius, ramène-toi… ! » hurla Ludo, à l’adresse de son camarade de jeu qui se trouvait, à ce moment-là, en dessous de lui.

 

            Sirius, probablement après que Ludo lui ait résumé la situation, fronça les sourcils et leva les yeux vers leur nouvel Attrapeur, interloqué..., tandis que ce dernier s’efforçait de se concentrer sur la recherche du Vif d’or, sans pouvoir totalement chasser de son esprit l’angoisse qui le tenaillait. Ce fut au même instant que le match s’anima soudain. Un Cognard passa à quelques centimètres de Harry, le tirant de ses réflexions. D’un geste vif, il parvint à l’éviter sans problème, ce qui fit qu’il fut quelque peu contrarié par l’intervention de Ludo qui, déboulant de nulle part, renvoya le Cognard. Le Batteur allait dire quelque chose à Harry mais celui-ci, piqua et s’écarta vivement de lui, Lestrange derrière lui…

 

            «- Tiens, aussi collant que Malefoy ! songea Harry, oubliant momentanément le reste. Dans ce cas, on va voir s’il est aussi naïf que lui… ! 

 

             - Et un nouveau but à l’actif de Potter qui creuse ainsi l’écart entre Serpentard et Gryffondor qui mène par quatre-vingt à dix… ! » annonça Mondingus.

 

            Harry jura silencieusement. Il était tellement préoccupé qu’il n’avait pas du tout suivit le match… ! C’était bien la première fois, depuis le temps qu’il  jouait au Quidditch qu’il était aussi inattentif à ce qui se passait autour de lui…

 

            Soudain, il revint à la réalité en apercevant l’éclat du Vif d’or, près des tribunes de Serdaigle. Instinctivement, Harry fonça dans cette direction.

 

            « Oh, mais on dirait que Calaway a vu le Vif… ! » s’exclama Mondingus.

 

            Harry, à présent, ne pensait plus qu’à la balle dorée qui filait devant lui, sans se préoccuper de son adversaire qui restait derrière lui. D’ailleurs, ce fut l’attitude du Serpentard qui éveilla les soupçons de l’adolescent. Après tout, James lui avait bien dit que le danger de Lestrange venait du fait qu’il avait un très bon balai… ! Alors pourquoi ne cherchait-il pas à le doubler au lieu de rester en retrait…. ? Jetant un regard autour de lui, il en comprit vite la raison. Devant lui, la balle dorée filait toujours à quelques mètres du sol… ! Derrière, Lestrange… ! A gauche, un Cognard envoyé de toutes les forces de Crabbe, droit sur lui… ! A droite, Avery qui fonçait sur lui… ! Ils essayaient de le prendre en tenaille et pas de la façon la plus agréable qui soit…. Il ne restait donc plus qu’une solution… Derrière lui, Lestrange accéléra soudain, alors que Avery et le Cognard se rapprochaient dangereusement… ! Moins d’une seconde avant l’impact, Harry, abaissa le manche de son balai et piqua vers le sol… Il ne se retourna pas en entendant un bruit de collision au-dessus de lui, trop occupé à redresser en catastrophe pour ne pas s’écraser sur la pelouse, sous les cris enthousiastes des Gryffondor amassés dans les tribunes, alors que Avery et Lestrange repartaient en zigzaguant, se remettant de leur rencontre plus que brutale avec un Cognard.

 

            « Super… ! s’écria Mondingus. Ca vous apprendra… ! Calaway est vraiment le roi des acrobaties… ! »

 

            Quoi qu’il en soit ces acrobaties lui avaient fait perdre de vue le Vif d’or… ! Et Lestrange revenait se coller derrière lui.

 

            «- Tu regretteras ça, Calaway… ! grommela-t-il.

 

             - Oh, je suis mort de trouille… ! ironisa Harry. Il faut plus qu’une menace à une noise comme la tienne pour m’effrayer, Lestrange… ! » ajouta-t-il, froidement.

 

* * * * *

 

            Le match durait depuis une heure, à la plus grande contrariété de Harry qui commençait à perdre patience. Plus d’une fois, il avait vu le Vif mais, à chaque fois, ses tentatives étaient restées vaines, entre une intervention intempestive de Ludo, encore d’autres coups bas des Serpentard et des Cognards en vadrouille… ! Et, histoire d’énerver un peu plus Harry, Lestrange le collait toujours.

 

            « D’abord, on se débarrasse de l’englué de service… ! » grommela Harry, alors que Mondingus annonçait le “modique” score de cent trente à trente… !

 

            Jetant un rapide coup d’œil alentour, il s’assura que aucun autre Serpentard ou un Cognard ne traînait dans le coin puis fit mine de se concentrer sur un point quelconque et plongea soudainement, entraînant Lestrange dans son sillage. Celui-ci dû croire qu’il avait vu le Vif d’or car il se donna à fond, essayant de le dépasser. Mais Harry n’avait pas dit son dernier mot.

 

            « Calaway semble, une fois de plus, avoir vu le Vif… ! »

 

            Harry, les doigts crispés sur le manche du balai, ne quittait pas des yeux le sol qui se rapprochait dangereusement, le Nimbus 1700 vibrant étrangement alors qu’il atteignait sa vitesse critique et que l’adolescent tentait d’en soutirer encore d’avantage. Au tout dernier moment, Harry redressa de toutes ses forces le balai, frôlant de peu la pelouse, pour remonter en chandelle, alors que Lestrange se fracassait au sol.

 

            Bibine siffla aussitôt un arrêt de jeu.

 

            «- WHOA… ! CALAWAY VIENT DE NOUS EXECUTER LA TRES FAMEUSE FEINTE DE WRONSKI… ! s’exclama Mondingus.

 

             - Bien joué, Harry ! lui lança James, en souriant, tandis qu’il rejoignait les autres joueurs de son équipe. C’était vraiment impressionnant… !

 

             - J’ai l’habitude des adversaires un peu trop collant… ! répondit simplement l’adolescent. Et… ! »

 

            Un coup de sifflet empêcha Harry d’en dire plus.

 

            « Lestrange est remis sur pied et le match reprend… ! » annonça Mondingus.

 

            Lestrange revint derrière Harry, tout en restant à une distance plus raisonnable. Visiblement, il n’avait pas encore complètement retenu la leçon… Mais Harry n’eut pas le temps de trop s’appesantir sur ce point car il aperçu, tout d’un coup, le Vif d’or, au pied des buts de Gryffondor, à l’autre bout du terrain… Il allait piquer dans cette direction quand des cris horrifiés s’élevèrent des tribunes. Mû par un mauvais pressentiment, Harry se désintéressa momentanément de la balle et jeta un regard à ce qui se passait alentour, et il sentit son sang se glacer dans ses veines.

 

            « C’est pas vrai… ! » s’exclama-t-il, en découvrant que, à quelques mètres de lui, se jouait une scène qui lui rappelait ce qui, justement, lui était arrivé lors de son tout premier match, sauf que, cette fois, c’était James qui en était la cible.

 

            Celui-ci se trouvait en bien mauvaise posture alors que son balai, semblant échapper à tout contrôle s’était lancé dans  une série d’embardées plus violentes les unes que les autres, qui donnaient bien du mal au Poursuiveur qui tentait, de ne pas se faire désarçonner. Machinalement, il jeta un bref regard en direction du Vif d’or qui en avait profité pour s’éclipser… Mais, pour l’instant, il ne s’en souciait guère, ne se préoccupant que du balai qui se lançait dans un rodéo endiablé, dont l’issue pouvait être fatale pour James… Harry comprit un peu mieux d’où Quirrell avait tiré sa source d’inspiration et ne sachant pas trop quoi faire, il ne quittait pas des yeux le “balai fou” qui prenait dangereusement de l’altitude, d’autant plus que les autres joueurs, essayaient de se rapprocher de leur Capitaine pour lui venir en aide.

 

            «- Sirius, Ludo, Elvire, Franck… ! Arrêtez ! hurla Harry en fonçant vers eux, se préoccupant d’avantage de ce qui pouvait arriver à son futur père qu’au Vif d’or.

 

             - Eh, Calaway, au cas où tu l’aurais pas remarquer, il faut qu’on aide James… ! riposta Sirius, avec colère. Si ça continue comme ça, il va pas pouvoir rester dessus très longtemps… ! Ou alors c’est son balai qui va pas supporter… !

 

             - Mais vous ne l’aidez pas comme ça… ! Plus vous essayez de l’approcher, plus le balai s’éloigne de vous, et plus ça risque de mal se finir… ! trancha Harry. On m’a déjà fait ce coup là lors de mon premier match… !

 

             - Et… ? Qu’est-ce qu’on est sensé faire dans ses cas là ? » demanda Franck, alors que Sirius jetait un regard angoissé, à son meilleur ami qui était en très mauvaise posture.

 

            Harry ne répondit pas, n’en ayant guère le temps… Il jeta un regard aux tribunes, regrettant amèrement que Dumbledore n’y soit pas… ! L’agitation régnait dans les rang des professeurs qui assistaient au match et qui ne savaient pas comment réagir à cette situation, tandis que les élèves étaient debout, massés sur l’avant des tribunes, suivant, avec plus ou moins d’angoisse (selon les maisons), ce qui se passait sur le terrain, mais personne ne se préoccupait des Serpentard qui continuaient à jouer comme si de rien n’était. C’est aussi l’instant que choisi le Vif pour réapparaître en dessous d’eux, à la vue de tous.

 

            «- Il sait choisir son moment pour se pointer, celui-là… ! grommela Harry.

 

             - Harry fonce… ! lui intima soudain Sirius.

 

             - QUOI ? Tu plaisantes j’espère… ! Alors que James est… !

 

             - Harry, discute pas, fonce attraperpas fonce attrapez le Vif… ! insista Sirius, bientôt suivit par Franck. On reste prêts à intervenir au cas où… ! »

 

            Harry était face à un gros dilemme.

 

            « Harry… ! le pressa Sirius. Il faut pas laisser les Serpentard gagner…! »

 

            L’adolescent hésita, mais se fut Lestrange, qui piqua soudain vers le Vif qui décida Harry. Il ne pouvait rien faire de plus pour son père pour le moment… Contrarié par son impuissance face à ça, il piqua rageusement vers le Vif, décidé à se défouler sur le premier qui se mettrait sur son chemin. Mais Lestrange avait prit de l’avance sur lui.

 

            « Toi, t’a pas intérêt à me lâcher… ! » intima-t-il au balai, en se couchant sur le manche.

 

            Le Nimbus 1700 fila soudainement et le Gryffondor parvint à se mettre au même niveau que son adversaire, tous deux ne quittant pas des yeux la sphère dorée qui brillait en dessous d’eux.

 

            «- Vous êtes dans le coup, hein ? grommela Harry.

 

             - A ton avis… ? » grinça Lestrange avec un sourire mauvais.

 

            Cette remarque irrita un peu plus Harry qui se coucha un peu plus sur le balai. Lâchant momentanément le manche, à moins de deux mètres du sol, il tendit les deux bras, essayant de battre le Serpentard, et sentit, à son plus grand soulagement, ses doigts se refermer sur la sphère froide.

 

            « Oui… ! C’est déjà une chose de réglée ! » songea-t-il, en se servant de sa main libre, pour redresser et éviter de se crasher au sol, pour remonter en chandelle.

 

            « CALAWAY A EU LE VIF… ! » hurla Mondingus, ramenant soudain l’attention générale sur ce qui se passait sur le reste du terrain.

 

            Mais l’intermède fut de courte durée car, au même moment, après un soubresaut encore plus violent que les précédents, de son balai, James passa par-dessus bord, tentant vainement de se retenir à son balai. Et, histoire de faciliter les choses, les Cognard semblaient s’être donnés le mot pour le choisir comme cible. Levant les yeux, Harry le vit, horrifié, se balancer, suspendu dans le vide, dans une situation plus que précaire. Un Cognard vint s’écraser sur leur Capitaine au moment où le balai bondissait à nouveau. Un cri horrifié s’éleva dans les tribunes quand le Gryffondor lâcha prise. Les joueurs semblaient paralysés…, tous, sauf un… ! Harry fonça dans sa direction, prêt à tenter le tout pour le tout… !

 

            « Je doit le sauver… ! Il faut que je le sauve… ! »

 

            C’était tout ce qui comptait, pour l’instant, pour l’adolescent. Tout d’un coup, tout sembla se passer au ralenti… L’adolescent tendit le bras pour essayer d’intercepter James et parvint à l’agripper par le poignet. Mais l’attraction terrestre faisant, il fut aussitôt attiré vers le bas.

 

            « Je ne dois pas lâcher… ! Surtout ne pas lâcher… ! songea Harry. EH, UN COUP DE MAIN  NE SERAIT PAS DE REFUS… !!!!! » hurla-t-il.

 

            Cela sembla réveiller les autres joueurs qui piquèrent vers eux. Harry mettait toutes ses forcestoute sa volonté pour résister à la force qui les attirait vers le bas, et se concentra intensément, alors que le sol se rapprochait beaucoup trop dangereusement.

 

            Tout d’un coup, il sentit une chaleur étrange s’emparer de son corps, alors qu’il ne pensait qu’à essayer de les sortir de ce guêpier, et il eut la soudaine impression que leur chute avait ralentie… ! Ce fut avec soulagement qu’il vit les autres le rejoindre. Tous ensemble, ils parvinrent à soutenir tant bien que mal, leur Capitaine qui était livide, et à le déposer, sans encombre au sol. Encore sous le choc, celui-ci tenait à grande peine sur ses jambes.

 

            «- Merci… ! souffla-t-il.

 

             - Bravo Harry… ! commenta Sirius. On te doit une fière chandelle, non seulement tu attrapes le Vif mais en plus, tu sauve la vie à… ! Harry ? »

 

            Les six autres joueurs le virent tout d’un coup pâlir avant qu’il ne s’écroule sur le sol, avant même qu’il n’ait pu descendre de son balai.

 

 

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